Red Room (parents), 1994, détail, technique mixte, 247x 426x424 cm, collection particulière.
J’ai
toujours eu un petit vice, disons une habitude. Quand j’habitais à
Milan et je prenais le métro j’adorais regarder les gens
assis face à moi et imaginer où ils allaient, ce qu’ils
faisaient dans la vie, s’ils étaient tristes ou heureux…
Quand je me suis installée à Nice il n’y avait pas
encore le tramway et je ne prenais presque jamais le bus (trop de
monde), je préférais marcher dans les rues (c’est
aussi la meilleure façon de découvrir une ville
inconnue). Et je levais toujours le regard au-delà des arbres,
des haies, des murs, pour observer ce qu’il y avait derrière.
N’ayez pas peur, je ne suis pas une voyeuse ! Je n’espionne pas
mes voisins ! J’aime voir l'intérieur des maisons, surtout
le soir, avec la lumière allumée, mais sans les gens.
J’aime imaginer ce qu’il y a là-dedans, les histoires qui
se tissent, comment on y vit… si j'aperçois une âme,
je ne trouve plus d’intérêt, le mystère tombe.
Je m’abandonne toujours à ce petit jeu d’enfant.