Christian Boltansky, Pourim réserve, installation 1989
Christian Boltansky, artiste français né en 1944, est un des protagonistes de l’art contemporain mondial, il est comme François Truffaut pour le cinéma français, un classique. En Italie aussi il est très connu, malgré ses expositions assez rares, dont la dernière il y a cinq ans au Padiglione di Arte Contemporanea de Milan (PAC). C’était sa première exposition personnelle dans cette ville et elle était organisée par l’ancien commissaire d’exposition (français) du PAC, Jean-Hubert Martin.
Au milieu de sa démarche artistique, Boltansky oppose les concepts de mémoire/oubli, de vie/mort, qui sont aussi des idées centrales de tout l’art du XXème siècle. Ses images parlent aux professionnels de l’art, bien sûr, mais aussi à un public plus vaste, parce qu’elle transmettent des messages universels et très humains. Parmi les œuvres dont je me souviens très bien dans cette exposition (« Ultime Notizie », 18 mars – 12 juin 2005) il y a une installation très simple dans une des salles du Pavillion, avec une ampoule qui pend au milieu d’un espace vide et nu. Elle clignote au rythme d’un battement de cœur qu’on entend très fort, comme si on se trouvait dans une cage thoracique. Il s’agit d’une œuvre (Cœur, 2005) très marquante et émouvante, qui résume le rapport que l’artiste entretient avec son corps et la vie qui le parcourt.
Christian Boltansky, Coeur, 2005, installation à la Maison Rouge (Paris)
Mais c’est une autre installation qui est
aujourd’hui à la une de cet article : 6
septembres (2005). Dans cette projection vidéo, l’artiste a recueilli
toutes les images transmises le 6 septembre des soixante dernières années par
les journaux télévisés et il les a montées dans une seule piste. Elles sont
projetées à une vitesse supérieure à la normale (2000 fois plus vite), de façon
à ce que le spectateur se retrouve face à une suite incompréhensible d’images,
sans qu’il puisse s’y concentrer. La sensation est plutôt angoissante. Mais il
peut utiliser une des télécommandes présentes dans la salle pour arrêter la
fuite des images avec une simple touche. Pourquoi le choix du 6 septembre ?
Parce qu’il s’agit du jour de l’anniversaire de Boltansky et donc la fuite des
images symbolise la fuite inexorable du temps que nous nous flattons de pouvoir
arrêter et donc contrôler avec une simple télécommande.
Oui, vous l’aurez compris, aujourd’hui c’est mon anniversaire!
Christian Boltansky est représenté par la Galerie Marian Goodman http://www.christianboltanski.net/
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