Journée pluvieuse à Paris, cela tombe très bien car le soleil m’avait
quelque peu éloignée de mes chères expositions. Direction Beaubourg, ses tuyaux colorés, sa piazza et ses troubadours.
Ce n’est pas une, mais deux expositions que je souhaite voir depuis
plusieurs jours. L’une est dédiée à Laurent Grasso, lauréat du prix Marcel
Duchamp 2008, et se tient dans l’espace 315. La seconde présente le travail de
Philippe Parreno, artiste menant une réflexion très pertinente sur l’exposition
en tant que lieu de liberté et de jeu.
De manière tout à fait inattendue, je commence par celle dont l’entrée est la plus proche de moi, ce sera donc Laurent Grasso.
Laurent Grasso, projet pour l'exposition à l'Espace 315, courtesy Galerie Chez Valentin (extraite du site internet du centre Pompidou)
Une grande salle obscure où je suis tout de suite happée par une vidéo
dans laquelle l’artiste a filmé une forêt par le biais d’un travelling avant
saisissant. Le sentiment d’évoluer parmi les arbres est immédiat.
Tout à coup, une nuée de ce qui, à première vue, semble être des oiseaux
vient perturber ma balade. Lors du deuxième passage de l’essaim, je crois
identifier des chauves-souris, je n’approfondis pas mon analyse et préfère
laisser planer le doute. Petit à petit, je sors de la forêt, émerveillée.
Philippe Parreno, Parade? (du site internet du centre Pompidou)
Mais où donc est le projecteur ? De l’autre côté de l’écran un
énorme rectangle de verre contient le fameux appareil. J’observe le paysage qui
défile de chaque côté de ce train. Parfois nous croisons des hommes ou des
femmes, tous ont l’air grave presque résigné. Le film est apparemment terminé.
Au même moment, les rideaux occultant l’immense baie vitrée de cette salle
d’exposition se lèvent. Il faut imaginer la scène : pour regarder cette
vidéo je m’étais assise par terre (non il n’y avait pas de chaise ni de banc)
en plein milieu de l’espace. Notez également qu’il n’y avait que moi dans
l’exposition à cette heure matinale. Sachant que cette partie du centre
Pompidou est située sur le coté droit et donne directement sur la rue près de
la fontaine Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, vous comprenez maintenant
pourquoi à ce moment précis, je me sens à la fois gênée et éblouie lorsque je
comprends que je suis au milieu des passants qui m’observent. D’ailleurs,
j’entends le son de la ville qui me parvient parfaitement : un bus
redémarre au feu vert et un scooter passe. Grâce au cartel le mystère n’est
plus : Philippe Parreno a placé des micros à l’extérieur afin que les
bruits de la ville nous parviennent de manière amplifiée. J’apprends également
que ce train évoque le trajet effectué par celui qui transportait le cercueil
de Robert F. Kennedy le 8 juin 19
L’expérience que l’artiste souhaite nous faire vivre est celle du cinéma. Je ne remarque qu’en partant, (et pour cause, tout était éteint auparavant) qu’à l’entrée de l’exposition, une série d’ampoules clignotantes, comme celles qui se trouvent devant les théâtres et les cinémas aux Etats-Unis, nous incite à entrer pour la prochaine séance.
/////////////////////////////////
Laurent Grasso, The horn Perspective
17 juin - 14 septembre 2009
Espace 315
Philippe Parreno, 8 juin 1968 - 9 septembre 2009
3 juin - 7 septembre 2009
Galerie Sud
Commentaires