Part 2 : La biennale de Venise
comment ça marche ?
Créée en 1904, cette
biennale est aujourd’hui encore l’un des événements
les plus attendus du monde de l’art contemporain. Des dizaines
d’espaces dans la ville ainsi que sur les îles alentours sont
dédiés à l’art actuel. Une petite quarantaine
de palais et autres instituts culturels ouvrent leurs portes aux
œuvres pour les six mois que dure la biennale. Ces lieux
sont dispersés dans la labyrinthique cité. Une très
grande motivation est nécessaire pour les découvrir
tous et venir à bout de l’infernal dédale que sont
les ruelles de Venise.
Les expositions se divisent en deux
catégories, d’une part les représentations nationales
et d’autre part les expositions internationales. Une grande partie
des pavillons nationaux (c’est le terme officiel) est regroupée
dans un endroit appelé Giardini qui se situe tout à
fait à l’Est de Venise. Chaque pays dispose donc d’un
bâtiment qui lui est propre et qui a la même morphologie
depuis sa construction au début du siècle précédent
pour ce qui est des pavillons les plus anciens.
Seuls trente pays disposent d’un tel privilège, les autres
trouvent « refuge » dans les palazzi de la
ville (trouve-t-on vraiment refuge dans un palazzo ?) ou dans
les hangars de l’Arsenal de Venise.
Pour ce qui est de l’exposition
internationale, un, voire deux, commissaires en ont la charge. Cette
année ce fut au tour de Daniel Birnbaum, critique d’art et
philosophe de 46 ans, le plus jeune curateur depuis la création
de la biennale. Le thème retenu est « Faire des
mondes » en référence au livre du penseur
américain Nelson Goodman Ways of Worlmaking.
Le palais des expositions à
l’intérieur des giardini et la corderie dans l’Arsenal de
Venise sont réservés à cet événement.
Vastes lieux tout à fait adaptables à la volonté
des commissaires.
The Peggy Guggenheim Museum
A tout cela s’ajoute l’un des
trois musées Guggenheim du monde, les deux autres étant
à Bilbao et New-York. Celui de Venise se concentre
principalement sur l’art moderne avec des expositions temporaires
de grands artistes de notre temps.
La pointe de la Douane, Centre d'art de François Pinault
Sans oublier le célèbre
collectionneur français François Pinault qui a d’abord
acheté le palazzo Grassi pour exposer ses collections d’art
contemporain et, depuis juin 2009, un autre édifice bien plus
étendu que le premier, la Pointe de la douane. Site
désaffecté, racheté par le milliardaire dont la
restauration a été confiée à l’architecte
Tadao Ando. Espace gigantesque totalement dédié aux
œuvres d’art contemporain. Le résultat est, il est vrai,
aussi époustouflant que l’ont dit tous les journalistes. Des
pièces somptueuses, notamment celle de Felix
Gonzales-Torres Untitled (Blood) de 1992, aujourd’hui
décédé, qui fit preuve d’une telle poésie
dans son travail qu’il me semble primordial de continuer à
parler de ses œuvres.
Felix
Gonzales-Torres Untitled (Blood) de 1992
Citons également une œuvre de Maurizio
Cattelan, artiste italien provocateur bien connu des amateurs d’art
contemporain, un cheval empaillé grandeur nature qui semble
être coincé dans le mur et dont on ne perçoit que
l’arrière train.
Maurizio Cattelan, Novecento, 1997
Il est indéniable que François
Pinault a souhaité en mettre plein la vue aux visiteurs de la
biennale. Les mauvaises langues disent même qu’il a tenté
de piquer la vedette à la vieille dame. Idée d’autant
plus plausible qu’une exposition des œuvres de sa collection se
tient actuellement en France au palais des arts
de Dinard dont le choix des œuvres est d’une rare subtilité.
Mais Dinard n’étant pas Venise, les échos de cette
exposition ne sont que murmures.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Dans un prochain épisode: Part 3 : Plus de 1000 œuvres
en 4 jours qui dit mieux ?
No comment : Le rêve d'Icare d'Anthony Gripon (by justine)
Anthony Gripon
dans No comment, les oeuvres parlent d'elles mêmes! | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)