James Ensor, Intrigue. Huile sur toile, 1911
Vous allez me dire : mais ce n’est pas du tout de l'art contemporain et ce n’est même pas de l’art moderne ! Je vous réponds : et alors ? Tous les chemins mènent à l’art contemporain, comme nous le disons sur Lifeproof, donc l’art du XIXè siècle aussi. du tout de l’art contemporain et ce n’est même pas de l’art moderne ! Je vous réponds : et alors ? Tous les chemins mènent à l’art contemporain, comme nous le disons sur Lifeproof, donc l’art du XIXè siècle aussi.
Quelque soit l’époque à laquelle les œuvres d’art que nous regardons ont été réalisées, c’est notre regard contemporain qui détermine en majeur partie ce que nous voyons.
Ainsi, j’ai observé des petits personnages dans les tableaux de Ensor qui m’ont rappelé ceux des bandes dessinées qui elles, bien sûr, n’existaient pas à l’époque du peintre.
Ce type d’invention est la
marque des grands artistes. Des œuvres produites il y a des dizaines d’années
parvenant encore à nous toucher, nous spectateur du XXIè siècle sont, selon
moi, la preuve de l’avant-gardisme d’un artiste et justifient pleinement sa
place dans l’histoire de l’art. En effet, les œuvres d’Ensor ne ressemblent à
rien d’autres qu’à des œuvres d’Ensor. Certains parlent de génie, je préfère
dire qu’il s’agit d’un véritable regard singulier sur le monde.
James Ensor, La Mort et les masques, huile sur toile, 1897
Les talents de James Ensor sont nombreux. Il parvient ce tour de force incroyable d’être à la fois drôle et macabre en faisant se côtoyer des têtes de mort et des clowns dans de grandes mascarades totalement atypiques. Ce peintre a également une fascination pour les masques de toutes sortes dont un panel est présenté dans cette exposition. Les masques brouillent la réalité, à la fois inquiétants et drôles, ils sont le symbole du paradoxe sur lequel repose l’art d’Ensor.
Artiste surprenant, certes, et pourtant bien de son temps, Ensor nous fait également voyager dans l’œuvre d’autres artistes du XIXè siècle. Certaines de ses toiles rappellent les incroyables paysages si proches de l’abstraction du peintre anglais Turner. Des scènes bibliques surchargées et exaltées par la lumière évoquent celles de Gustave Moreau. C’est aussi avec l’art du caricaturiste Daumier, et ses fameuses trognes d’hommes politiques, qu’il faut relier les personnages des œuvres d’Ensor.
Turner,
Peace- Burial at Sea, huile sur toile, 1842
Le talent allant souvent de paire avec l’autodérision, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que James Ensor a transformé son nom d’ART ENSOR en HARENG SAUR.
Terminons par ce qui m’a semblé le plus troublant dans ce travail, l’association de l’étrange et de la beauté. Ensor était obsédé par l’étrangeté, notamment celle du quotidien, vous savez celle qui parfois nous fait regarder les objets qui nous entourent sous un jour nouveau, dénués de toute utilité. Ensor a souvent peint ce qui l’entourait dans son atelier ou dans sa maison comme des monceaux de coquillages, des squelettes, d’étranges animaux et d’innombrables masques.
La beauté que je traque comme un
inspecteur un voleur de pommes, a cette saveur incomparable quand elle vous
tombe dessus alors que vous ne la cherchiez plus. Chez Ensor, je l’ai vue dans
l’association d’objets disparates et de couleurs chatoyantes, le tout
accompagné de l’omniprésence de la mort, toujours prête à vous faire aimer la
vie.
Musée d'Orsay
62, rue de Lille
75007 Paris
01 40 49 48 14
Exposition Ensor jusqu'au 4 février 2010
Ouverture de 9h30 à 18h
le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche
de 9h30 à 21h45 le jeudi
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