Les salles labyrinthiques du Lichtmuseum étaient les anciennes cuves de fermentation d’une brasserie très connue dans la zone, dans laquelle on produisait la Linden-Adler bier. Aujourd’hui, elles abritent les œuvres d’artistes internationaux qui travaillent avec la lumière et peuvent être visitées lors d’une visite guidée.
Olafur Eliasson, Reflektierender Korridor - Entwurf zum Stoppen des freien Falls, photo: Werner Hannappel
Le parcours s’articule en plusieurs pièces: parmi les artistes que vous avez déjà découvert sur nos pages on trouve Olafur Eliasson et Christian Boltansky. D’autres artistes très célèbres sont Mischa Kuball, Rebecca Horn, James Turrell, Mario Merz, Joseph Kosuth, Keith Sonnier.
Keith Sonnier, Tunnel of Tears, installation, 2002 (photo sur le site de l'artiste)
Parmi ces œuvres, j’ai visité « Third Breath, 2005 », une installation de l’artiste américain James Turrell. Il s’agit d’une pièce entière transformée en « chambre noire », c’est-à-dire une pièce sombre munie d’un petit trou sur le plafond et d’une lentille. Sur le sol, on peut voir un cercle dans lequel est projetée une portion de ciel, avec des nuages qui passent, la lune, un avion. Vous l’aurez compris: c’est le principe de l’appareil photo, tout simple, mais toujours étonnant.
Puis on monte par un escalier à l’extérieur et on arrive dans une autre pièce, qui se trouve exactement sur la précédente: elle est en forme de coupole, et tout autour des parois circulaires se trouvent des bancs sur lesquels on peut s’asseoir à observer le ciel. Le plafond est un trou rond percé, duquel on peut admirer le ciel. La même portion de ciel reflétée dans la chambre noire en bas, est maintenant visible en vrai, dans une structure qui ressemble un peu à un observatoire. Quand à l’intérieur de cette chambre on change la couleur de la lumière, par compensation, même la tonalité du ciel se modifie. Le moment le plus spectaculaire est le coucher du soleil, en été (j’y retournerai ! En décembre, quand j’ai visité le musée, à 16h il faisait déjà presque nuit).
James Turrell est connu pour ces installations qui questionnent la perception de l’espace et de la lumière. Le principe est toujours très simple : mettre nos yeux face à des phénomènes lumineux quotidiens et nous pousser à la réflexion sur leur fonctionnement, comme dans un musée d’histoire naturelle.
James Turrell, Floater 99, installation
La deuxième installation de cet artiste au Lichtmuseum est une simple pièce toute blanche, qui fait partie d’une série nommée « Shallow-Space Construction Series » entamée dans les années 1970. Entre le mur d’entrée et celui du fond se trouve une mince parois, derrière laquelle des néons projettent une lumière colorée. Ce simple mécanisme annule la perception de l’espace, qui paraît tout arrondi et d’une couleur différente par rapport à celle qu’on aperçoit quand on arrive : d’un coup on se demande si on est en train de visiter en autre espace ou si la lumière change quand un visiteur en franchit le seuil.
Le Light Art est souvent considéré un courant dans le Land Art. Il naît dans les années 1960, avec les œuvres d’artistes tels que Dan Flavin (sculptures en néon). James Turrell est un des protagonistes de cette forme d’art et ses œuvres ne manquent pas dans les plus importantes collections du monde. Pour nos lecteurs italiens, je vous conseille de visiter la Villa Panza di Biumo, près de Varese. C’est une collection axée sur les années 1960 et notamment sur l’art de la lumière.
Pour ma part, j’ai déjà compris le Lichtmuseum de Unna dans la liste de mes lieux d’art préférés et je me prépare à y faire un tour ce printemps, quand le soleil sera à nouveau de retour.------------------
Zentrum fur Internationale Lichtkunst
Lindenbrauerei Unna
Lindenplatz 1 - Unna
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