L’exposition en question a réuni quatre artistes contemporains (Harald Hilscher et Susanne Kutter dans la galerie communale et Luka Fineisen et Gereon Krebber aux Flottmann Hallen), avec des œuvres qui s’intéressent à l’élément qui identifie le plus le panorama de la ville de Herne, l’eau.
Le travail de Susanne Kutter a particulièrement retenu mon attention, bien que le lien avec le thème « eau » n’était pas toujours si évident (comme dans les travaux des autres artistes, d’ailleurs). Parmi ses travaux, il y avait cette vidéo (Flooded Home) dont je vous avais déjà parlé dans un ancien article. Vraiment très impressionante.
Flooded Home, vidéo, 2003
Thanksgiving plot, 2008 installation
Dans la première salle, cette installation accueille le visiteur. On retrouve la même ambiance « maison » de la vidéo précedente, grâce à un seul élément, une grande armoire ancienne. On perçoit que quelque chose (un tremblement de terre, un coup, un accident) est passé dans cette pièce si normale, si tranquille. Et la vaisselle renversée, cassée en mille morceaux semble annoncer un événement dramatique. Je lis cette installation comme ces images qu’on voit si souvent lors des tremblements de terre : des murs intacts avec des tableaux encore à leur place, sur les murs, à côté des fissures, comme si rien n’était passé.
The first encounter, installation, 2007
Puis, dans la deuxième salle, on admire une série de maquettes en carton, qui réproduisent des pièces illuminées par différentes lumières et « habitées » par des papillons de nuit empaillés : un néon, un lustre, des petits led colorés… les pièces sont vides et enigmatiques. Encore une fois l’artiste joue avec l’apparence quotidienne d’un lieu et inocule un sens de mystère et d’inquiétude en utilisant que des petits éléments.
Dans la vidéo Panic Room (2008), l’artiste a reconstruit un château, qui s’inspire au Schloss Moyland de Bedburg-Hau, avec de la pâte levée. Puis, pendant trois mois, sept souris ont habité cette architecture alimentaire et, à peu à peu, l’ont dévorée. Trois caméra filment la destruction de ce bâtiment par les souris, et la sensation de panique qui s’empare du spectateur qui assiste impuissant à cette dérive est très percetible. Encore une fois, l’inquiétude, la peur et une subtile sensation de malaise viennent nous secouer de notre impassibilité quotidienne.
Panic Room, vidéo, 2008
Sans doute je suiverai les expositions de cette artiste que je viens de découvrir un peu pas hasard.
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