Débat il y a en ce moment au centre Pompidou. L’exposition monographique du peintre Lucian Freud, petit-fils de Sigmund, ne fait pas l’unanimité. Un débat tout de même assez manichéen en apparence, les pours et les contres. Je me suis donc dit que j’allais forcément me retrouver dans une de ces deux catégories, mais il n’en fut rien.
De quoi s’agit-il exactement ? D’un peintre qui aime tout particulièrement représenter le corps humain sans le magnifier aucunement.
Leigh on a Green Sofa, Huile sur toile, 1993
Lucian Freud dit « Je veux que la peinture soit chair ». Par conséquent, le portrait est son sujet de prédilection. Ses modèles sont invariablement représentés dans l’univers clos de l’atelier ou d’un appartement sobrement décoré. Peu d’objets, en effet, un fauteuil, un lit, des draps blancs et parfois une plante verte viennent entourer le sujet, créant ainsi un équilibre très maîtrisé dans la composition.
Obsession pour la chair, pour l’humain, pour l’Homme, oui c’est certain, car Lucian Freud souhaite expérimenter son sujet jusqu’à l’épuisement : « Je pense que connaître quelque chose par cœur permet plus de profondeur que de voir de nouveaux sites aussi splendides et intéressants soient-ils. »
Le plus fascinant dans ce travail est l’emploi si singulier de la matière picturale. Je n’avais jamais vu de tels empâtements, à la fois grumeleux et très épais, comme si l’artiste avait rajouté du sable à la peinture qu’il utilise.
L’originalité de Lucian Freud réside également dans l’incroyable diversité des tons employés pour rendre cette chair, notre chair, réaliste. Le bleu, le vert, le gris, le rose, le blanc sont ici convoqués et forment une étonnante, mais bien humaine, bigarrure. Il est vrai que si l’on y regarde de plus près, notre peau est composée de nombreuses couleurs différentes.
La volonté de l’artiste est la suivante : « J’aimerai que mes portraits soient les gens, non pas qu’ils soient semblables à eux […] je ne voulais pas simplement obtenir une ressemblance, comme une imitation mais les portraiturer comme un acteur incarne un personnage. » L’implication de l’artiste est donc totale.
Naked Portrait Standing, huile sur toile, 1999-2000
Ni rejet, ni admiration, pas d’indifférence non plus, j’ai simplement ressenti un « je-ne-sais-quoi » de « je-ne-sais-pas », sensation un peu étrange et agréable à la fois.
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Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Exposition Lucian Freud jusqu'au 19 juillet 2010
Il est vrai que cette exposition entraine une polémique assez étonnante... Votre article résume assez bien les choses, et je partage l'avis que vous donnez dans la dernière phrase
Rédigé par : Art | 01 mai 2010 à 15:11