Bienvenus dans un monde sans fruit, sans Egyptiens et sans vergogne. Vous êtes à l'Holliday Inn Resort de Safaga, sur la mer Rouge. Ce n'est pas l'Egypte. On y parle surtout le Russe et l'Allemand, entre deux boum boum d'antimusique. Je m'attendais à un voyage de pure détente, mais j'ai finalement décidé de l'aborder sous l'angle d'une étude sociologique forcée, tant les comportements que l'on peut recenser ici sont surprenants.
Je déballe? Une personne sur trois des touristes présents, est en surpoids. Le monoï continue d'être largement étalé sur les fesses déjà cuites des filles de tous âges. Le mauvais goût vestimentaire, brillant et tapageur, est de rigueur, j'ai même vu une gamine de 4 ans porter le même string de bain que maman. Talons mouse et mini shorts vont de pair: je vous le répète, ce n'est pas comme si on était en Egypte ou en terre musulmane, nous sommes sous le drapeau de l'Holliday Inn, dans la secte des "all inclusive" et ce n'est pas peu dire.
Série "Luxury" Impression numérique à jet d’encre pigmentaire
45 x 55 cm
© Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour
Les repas sont particulièrement passionnants. Une agitation constante règne autour du buffet et des tables. Seul instant de concentration de la journée, les visages se tendent au moment du choix que représentent les multiples mets préparés; Les assiettes? XXL en hauteur. Les restes: ils pourraient nourrir toute la Chine.
J'exagère à peine. L'illusion de l'abondance divine (car comment l'expliquer autrement?) est grossière pourtant on s'y laisse bercer très rapidement. Et après vos 3 cocktails vodka à 10h00 le matin, entre l'Holliday Inn ou la vraie vie, je vous laisse deviner vers quoi vous tendez.
Seul un petit âne, maigre et maltraité fait tâche dans le tableau idyllique de la mer, du soleil et de l'herbe verte en plein désert. Heureusement, le touriste est serein, il ne voit pas ce qui pourrait nuire à son plaisir, ni se soucie de l'écologie, du cancer de la peau, ou des maladies cardio-vasculaires. Alors un âne, que nenni! Conscience: VAFFANCULO!
Série "Small World" Photographie couleur, 140 x 175 cm
© Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour
Si j'étais photographe, je tiendrais mon sujet. Le tourisme de masse est un phénomène fascinant. Et c'est ce que Martin Parr a compris depuis plus de 30 ans. Sillonnant le monde, il a notamment travaillé sur plusieurs séries documentant les phénomènes de la mondialisation tels que le tourisme de masse, les comportements consuméristes ou le soi-disant temps libre. Il dénonce avec subtilité l’absurdité et la vacuité de notre monde de pourris-gatés.
Il rejoint Magnum Photos en 1994, où son style provocant et sarcastique pose un précédent dans l’histoire et le style de l’agence.
It's like you're on a msisoin to save me time and money!
Rédigé par : Dany | 18 août 2011 à 13:01
Sujet très intéressant, photos sublimes, merci Justine !
gros bisous
Rédigé par : ZinWeb | 29 avril 2010 à 09:21